Message à l’intention des étudiants de médecine de la promotion 2017 la veille du jour du jumelage

2017-02-28

En cette veille du jour du jumelage 2017, je repense aux défis que j’ai moi-même dû relever au moment de choisir une discipline. À l’époque – ça ne me rajeunit pas – j’ai effectué un internat rotatoire, ce qui m’a donné plus de temps pour choisir. À mon entrée en médecine, j’étais persuadée que je deviendrais médecin de famille comme mon père. En deuxième année, je voulais être psychiatre. Mon amour pour la pédiatrie est né lors du dernier stage de mon externat. J'avais reçu la grande nouvelle par courrier traditionnel.

Pour la plupart d’entre vous, les mois et les années de planification et de préparation atteindront leur apogée le 1er mars à midi, heure normale de l’est. Vous avez soigneusement prévu l’endroit où, les yeux rivés sur votre écran d’ordinateur, vous découvrirez ce que vous a réservé le sort concernant votre résidence et la discipline médicale dans le cadre de laquelle vous effectuerez votre formation. Vous serez, en grande majorité, contents, soulagés et enthousiastes à l’idée de partager la nouvelle avec vos proches.

Alors que vous vous réunirez ce soir avec vos condisciples pour les activités pré-jumelage, n’oubliez pas que pour certains d’entre vous, la journée de demain ne se déroulera pas nécessairement comme prévu. Pour un petit nombre, l’exercice de jumelage ne sera pas terminé. Il se peut que vos vœux n’aient pas été exaucés. Si vous êtes dans cette situation, souvenez-vous que vous n’êtes pas seul. D’autres étudiants de votre classe et du reste du pays et des centaines d’étudiants avant vous ont vécu la même chose. N’oubliez pas que vos camarades de classe, vos parents et amis sont là pour vous et sachez que n’importe qui aurait pu se trouver dans cette situation. Rappelez-vous aussi que le bureau des Affaires étudiantes et le bureau des Études de premier cycle sont là pour vous aider et vous appuyer sans relâche durant les prochaines semaines.

Certains d’entre vous auront été jumelés, mais peut-être pas où ils l’avaient imaginé. Il est important de cultiver une ouverture d’esprit à l’égard de votre discipline ou d’une ville où vous n’aviez jamais pensé vivre. Vous devrez peut-être envisager de laisser vos proches pour vous installer plus loin que prévu. Dans le cadre de mes fonctions de doyenne des Études de premier cycle à l’Université d’Ottawa de 2005 à 2011, j’ai toujours été impressionnée par le nombre d’étudiants qui, face à ce défi inattendu, ont décidé d’adopter une attitude positive et, en bout de ligne, ont été extrêmement satisfaits de leur expérience de résidence. En rétrospective, plusieurs ont convenu que le hasard avait bien fait les choses.

Le processus entourant le choix de carrière et le jumelage avec un programme de résidence est un travail inachevé au Canada. L’Association des facultés de médecine du Canada (AFMC) est fière d’avoir mis sur pied le Comité de l’AFMC sur le jumelage des résidents. Ce comité se compose de doyens, de doyens des Études de premier cycle et des Études postdoctorales, de doyens des Affaires étudiantes et de représentants de la Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada (FEMC), de la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ), de Médecins résidents du Canada et de la Fédération des médecins résidents du Québec ainsi que de CaRMS, qui œuvrent tous à améliorer le processus de jumelage des résidents. Durant les réunions, les membres du Comité discutent par exemple de l’importance de mieux comprendre les résultats du jumelage, de la diminution visée du nombre de diplômés en médecine canadiens non jumelés, de la mise en œuvre des meilleures pratiques dans le cadre des politiques de sélection et de la gestion des comportements inappropriés au sein des comités de sélection des programmes de résidence. Je vous invite à me faire part de vos suggestions et commentaires que je pourrai porter à l’attention des membres du comité. Vous pouvez également présenter vos demandes à vos représentants de la FEMC ou de la FMEQ.

J’espère que tous vos rêves deviendront réalité demain. Soyez indulgents à votre égard et à l’endroit de ceux dont les rêves ne se sont pas réalisés ou qui ont dû revoir leurs attentes. Votre manière d’agir en tant que médecin, la façon dont vous traitez vos patients, la manière dont vous prenez soins de vos collègues, de votre famille et de vous-même, voilà autant d’éléments qui vous définissent. En cette période importante de votre vie, gardez cela à l’esprit.

Geneviève Moineau