La Faculté de médecine est-elle réservée aux enfants de familles riches?

2018-09-25

Les facultés de médecine du Canada établissent leurs propres critères d'admission. Collectivement, elles agissent comme gardiennes de la passerelle menant à la profession. Il s'agit d'un aspect important de leur mandat de responsabilité sociale.

Les facultés de médecine du Canada se sont efforcées d'accroître la diversité des candidats retenus et d'influencer ainsi le type de médecins qui prodigueront des soins aux Canadiens. Depuis 1998, plus de la moitié des étudiants en médecine sont des femmes. Des programmes autochtones ont été mis en place dans toutes nos facultés de médecine et, en 2016, 2,7 % des étudiants en première année de médecine étaient identifiés comme Autochtones, soit une augmentation de 1 % par rapport à 2003. Nous sommes encore loin des 4,3 % de Canadiens autochtones recensés en 2011.

Là où nous avons encore plus de travail à faire, c'est en ce qui a trait au recrutement des étudiants issus de ménages à faible revenu. La Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada (FEMC) indique que les étudiants en médecine sont beaucoup plus susceptibles que les Canadiens moyens de provenir de familles aux revenus élevés. Les données tirées de l'enquête nationale de la FEMC auprès des étudiants en médecine ont révélé que « seulement 13 % des étudiants en médecine actuels proviennent de ménages situés dans le quintile de revenu le plus faible » et que « dans certaines facultés, seulement 3 % proviennent de ménages situés dans le quintille ce même quintile ».  Ces données concordent avec le rapport national sur le Questionnaire à l’intention des diplômés de l'AFMC qui a révélé que le pourcentage d'étudiants en médecine qui obtiennent leur diplôme sans dette est passé à 15 % en 2017.  Cependant, pour les étudiants endettés, la dette médiane est passée à 94 000 $. Ainsi, un plus grand nombre d'étudiants sont pleinement soutenus par leur famille alors que ceux qui ne le sont pas voient leur dette augmenter. Il s'agit-là d'une importante question d'équité.

Les facultés de médecine doivent recruter et sélectionner une cohorte diversifiée de futurs médecins qui reflète la diversité de la population canadienne. Elles doivent s'assurer que les groupes socioculturels et socioéconomiques qui ont toujours été sous-représentés dans les cohortes des facultés de médecine bénéficient d’un accès équitable au processus d'admission.  L’AFMC a mis sur pied un groupe d'experts pour examiner la diversité et l'inclusion dans les admissions dans les facultés de médecine. Les membres du Groupe de réflexion sur l'avenir des admissions au Canada (GRAAC) se réunissent depuis janvier 2018. Le Groupe a pour mandat d'identifier les domaines où les besoins et les préoccupations sont les plus grands et la façon dont on peut concrétiser la collaboration pancanadienne. Le GRAAC examinera une définition nationale de la diversité, un système centralisé visant à améliorer la collecte de données et des principes de diversité qui pourraient être mis en pratique à l'échelle nationale.  De plus, l’AFMC a un partenariat avec l’Association of American Medical Colleges (AAMC) afin d’offrir un programme d’aide financière (PAF MCAT®AFMC) pour les étudiants qui désirent s’inscrire au Medical College Admission Test® (MCAT®).

Déterminer qui réussira à entrer à la faculté de médecine est le rôle le plus important de nos facultés de médecine. Il est de notre devoir collectif de veiller à ce que la faculté de médecine soit accessible à une grande diversité d'étudiants, non seulement aux enfants de familles riches. C'est ainsi que nous façonnerons l'avenir des soins de santé en veillant à ce que nos patients reçoivent non seulement des soins d’excellents médecins, mais aussi de médecins qui auront la capacité de veiller à ce que tous les patients, quels que soient leurs antécédents ou leur statut, reçoivent des soins de qualité prodigués avec compassion.