ODE aux futurs médecins – Bienvenue dans la profession!

2015-09-10

Je me souviens exactement du lieu où je me trouvais et de ce que je faisais lorsque j’ai appris mon admission à la faculté de médecine. J’avais essuyé un refus l’année précédente et j’en étais à ma deuxième et dernière tentative. Je venais de terminer mon BSc. Faire carrière en recherche ne m’intéressait pas. J’ai donc posé ma candidature à la faculté de médecine pour une dernière fois. Mon plan B avait fonctionné; j’avais été acceptée à la faculté d’éducation. J’allais débuter mon « vrai » emploi d’été en juin auprès d’un ministère. Nous étions en mai et je travaillais pour quelques semaines comme caissière dans un restaurant bon marché du centre-ville. En bref, je prenais tous les boulots qui me permettaient de gagner un peu d’argent pour mes études. Le téléphone a sonné dans la cuisine du restaurant. C’était un téléphone à cadran, le seul téléphone de l’établissement. Vous l’aurez deviné, c’était bien avant les téléphones cellulaires. Le cuistot était vraiment agacé que l’appel soit destiné à la nouvelle petite caissière. J’ai dû quitter mon poste de travail pour prendre l’appareil. Ma mère était au bout du fil. « C’est une enveloppe de l’université; je l’ouvre? » Sur mon approbation, elle m’a lu le contenu de la lettre. « Nous sommes heureux de vous informer… » J’ai poussé un cri et sauté de joie. Les employés du restaurant m’ont crue folle. Mon patron se contrefichait de la nouvelle et m’a dit de me remettre au travail. Même si ma vie n’a pas changé à ce moment précis, je n’ai pas vraiment compris qu’il s’agissait d’un virage marquant dans ma vie professionnelle. Je sais que plusieurs d’entre vous se souviennent des détails de votre admission comme si c’était hier.

Je tiens à féliciter celles et ceux qui ont vécu ce moment cette année et à vous accueillir au sein de la profession. Vous êtes encore probablement sonnés, dans un état second occasionné par votre transition et par le manque de sommeil dû à un déménagement récent, aux activités de la semaine d’orientation et au début des cours. Certains de vos amis sont peut-être également en train de préparer frénétiquement leur dossier de candidature et vous demandent votre avis. Dans cette optique, l’AFMC est fière de présenter un nouvel outil destiné à quiconque songe à une carrière en médecine. Médecins canadiens de demain est une mine de renseignements sur tout ce que vous devez savoir sur les études en médecine ou la résidence au Canada. Vous pouvez y accéder à l’adresse suivante : www.afmc.ca/fr/faq

Le dimanche précédant le premier jour des cours, en août dernier, j’ai eu le privilège d’assister à la cérémonie du serment d’Hippocrate pour la promotion de 2019 de la Faculté de médecine de l’Université Dalhousie. L’effervescence était à son comble dans l’auditorium, et ce, avant même l’arrivée des étudiants! Les familles rayonnaient de fierté. Le doyen Anderson a rappelé aux nouveaux étudiants qu’en prêtant serment, ils s’engageaient à faire passer les besoins de leurs patients et de la société avant les leurs. Plusieurs d’entre vous participeront à la cérémonie du sarrau blanc dans leur faculté. Dans le cadre de celle-ci, on vous rappellera les divers rôles que vous aurez à jouer en votre qualité de  médecin : expert médical, professionnel, communicateur, collaborateur, défenseur, érudit, meneur et, avant toute chose, être humain. Atteindre l’épanouissement dans chacun de ces rôles fera de vous un médecin compétent. Vous devrez également déterminer comment devenir responsable envers la société. La semaine dernière, j’ai animé à l’Université d’Ottawa un forum où, seulement cinq jours après le début des cours, les étudiants étaient mis au défi de commencer à réfléchir comment non seulement ils prodigueront des soins aux patients dans l’exercice de leurs fonctions, mais également, comment ils s’engageront à améliorer la santé et les soins de santé dans leur collectivité de même que les systèmes de santé au Canada et au-delà de nos frontières.

Mes interactions avec mes futurs collègues médecins m’ont remplie de satisfaction et de plénitude. Les jeunes femmes et hommes aux antécédents variés que j’ai eu le plaisir de rencontrer et avec qui j’ai discuté sont brillants, posent d’excellentes questions et sont très engagés. Grâce à ces futurs meneurs de la santé, vous et moi sommes entre bonnes mains. 

Geneviève Moineau