Période de transition : Prochaines étapes pour améliorer le système d’éducation médicale

2019-05-24

Pour l'éducation médicale, c'est l'une des périodes les plus merveilleuses de l'année alors que les nouveaux diplômés en médecine font la transition vers la résidence. Convocations, bals de fin d'études, mariages, vacances se transforment rapidement en emballage, déménagement, déballage et préparation. C'est un moment d'excitation, de joie, mêlé d'anxiété et de peur de l'inconnu. Ce pont que vous traversez sans vraiment voir ce qu'il y a de l'autre côté. Certains diplômés peuvent se demander s'ils ont fait le bon choix.  

L’an dernier, dans mon billet intitulé Mission impossible, j'ai parlé de la tâche herculéenne à laquelle sont confrontés les étudiants en médecine lorsqu'ils essaient de déterminer quel type de médecin ils veulent devenir parmi les 30 possibilités qui s’offrent à eux. En décembre 2018, l'AFMC a publié un rapport intitulé Transitions vers la résidence : Un appel à l’action, qui mettait l'accent sur trois domaines : l’imposition d’un plafond national pour les possibilités de stages optionnels pour les étudiants dans toute discipline de niveau d’entrée, la réduction du nombre de diplômés en médecine canadiens non jumelés et l’harmonisation des voies d’accès aux besoins de la société. Il s'agit d'une priorité pour l'AFMC.

La Politique de l’AFMC en matière de diversification des stages optionnels pour les étudiants  a été approuvée par le Conseil d'administration de l'AFMC et sera mise en œuvre à compter de la promotion 2021. Toutes les facultés de médecine du Canada veilleront à ce que les possibilités de stage optionnel pour les étudiants ne dépassent pas huit semaines dans une seule discipline de niveau d'entrée.  Cela permettra aux étudiants d'entreprendre une expérience éducative complète qui les préparera à une plus grande variété de choix de carrière possibles.

Le jumelage de cette année a connu des améliorations, avec 98 étudiants non jumelés par rapport aux 169 de l'an dernier. L'AFMC a consacré l'année dernière à la promotion et à la collaboration avec ses partenaires en vue de réduire le nombre de diplômés en médecine canadiens non jumelés.  Cependant, il reste encore du travail à faire. Lors du Forum des apprenants dans le contexte de la Conférence canadienne sur l'éducation médicale (CCEM) de cette année, j'ai demandé aux dirigeants des organismes d’apprenants canadiens quelle était la chose la plus importante que l'AFMC pouvait faire pour soutenir les apprenants.  Mme Stephanie Smith, présidente de la Fédération des étudiants et des étudiantes en médecine du Canada, a répondu que tous les diplômés en médecine canadiens devaient réussir à se jumeler. Le message était sans équivoque! L'AFMC s'engage à continuer de demander aux gouvernements provinciaux 110 postes par tranche de 100 diplômés. Tant que les gouvernements ne s'assureront pas que nous avons plus de postes de résidence que de diplômés, nous ne serons pas en mesure d'optimiser pleinement les résultats du jumelage.

Le prochain domaine d'intérêt de l'AFMC est celui des voies d'accès vers la résidence. On dénombre actuellement 30 voies d'accès différentes. L'AFMC et Médecins résidents du Canada (MRC) ont codirigé le Groupe de travail sur les voies d’accès (GTVA), qui a cerné les domaines qui pourraient nécessiter des ajustements afin d'améliorer l'exposition des apprenants aux voies d’accès, de réduire la pression sur les apprenants qui doivent prendre des décisions de carrière trop tôt dans leur formation et de promouvoir le généralisme et la pratique généraliste plutôt que la surspécialisation. L'AFMC travaillera avec les organismes membres du GTVA, notamment le Collège des médecins du Québec, le Collège des médecins de famille du Canada, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada et les organisations d’apprenants afin de continuer à harmoniser les voies d'accès aux besoins de la société. Nous collaborerons également avec des chefs de file de l'éducation médicale et des spécialités médicales de partout au pays.

L'AFMC préconise également un programme de transfert pancanadien pour les résidents jumelés qui cherchent à obtenir un « transfert » de leur programme ou discipline actuel. Un sondage mené en 2018 par Médecins résidents du Canada a révélé que 66 % des résidents qui ont répondu ont envisagé de passer à une autre spécialité et que 70 % de ceux qui souhaitaient changer d'orientation professionnelle ou de spécialité justifiaient leur décision en invoquant un changement souhaité dans les objectifs de carrière ou l'intérêt pour une spécialité. Les résidents ont besoin d'un système plus souple et d'une méthode de transfert d'un programme de formation à l'autre.

Dans le cadre du mandat de responsabilité sociale des facultés de médecine canadiennes, l'AFMC doit préconiser des changements quant à la transition vers la résidence qui mèneront à un système d'éducation médicale qui répond aux besoins de la population canadienne. 

À tous les diplômés en médecine qui commenceront leur résidence en juillet, je vous souhaite bonne chance pour la prochaine étape de votre parcours.