Introduction

Responsabilité sociale et enseignement de la médecine au Canada : Le devoir d’un médecin canadien envers la société

Bien peu de privilèges sont aussi grands que celui d’être médecin. En prêtant le serment d’Hippocrate, vous vous engagez à consacrer votre vie à vos patients et vous acceptez la responsabilité de la confiance qu’on aura en votre capacité à prendre des décisions de vie ou de mort. D’autres aspects importants de votre devoir envers la société seront d’entreprendre un apprentissage qui durera toute votre vie pour garder vos compétences et vos connaissances à jour et d’assurer la continuité des soins à vos patients.
 
L’Organisation mondiale de la Santé a déterminé que le mandat de responsabilité sociale des facultés de médecine représente l’obligation d’axer leurs activités d’enseignement, de recherche et de services sur les préoccupations prioritaires en matière de santé de la communauté, de la région et de la nation qu’elles ont le mandat de servir, déterminées conjointement par les gouvernements, les organismes de santé, les professionnels de la santé et le public.

Dans les pays où l’enseignement de la médecine est financé par l’État, il est raisonnable de s’attendre à ce que les personnes qui obtiennent leur doctorat en médecine (M.D.) répondent aux besoins de la population. Les facultés de médecine canadiennes considèrent cette responsabilité sociale comme une partie intégrante de leur mandat collectif. Or, à mesure que le Canada trouvera des façons de mieux adapter l’effectif médical aux besoins de santé de la population ‒ et d’accroître la flexibilité au sein de cet effectif ‒, des changements se produiront dans les possibilités d’apprentissage de la médecine et de formation médicale au pays.

Des spécialités sont surreprésentées dans certaines grandes villes canadiennes, alors qu’il n’y a tout simplement pas de débouchés dans certaines petites villes. En même temps, les percées dans les soins de santé ont réduit le nombre de praticiens nécessaires dans certaines spécialités. Et comme de nombreux Canadiens n’ont toujours pas de médecin de famille, les gouvernements demandent une augmentation du nombre de places pour la formation d’omnipraticiens.

Ceux qui souhaitent faire carrière comme médecin au Canada devront prendre ces réalités en compte au moment de choisir leur spécialité, de même que le type et le lieu de leur future pratique. Dans le contexte actuel, les stagiaires au Canada seront peutêtre appelés à faire preuve de souplesse dans leur choix de spécialité et du lieu où ils travailleront. Il est important de savoir que ceux qui ont obtenu leur doctorat en médecine en dehors du pays n’ont aucune garantie qu’ils obtiendront une place de formation, et encore moins que celleci soit dans la spécialité qu’ils désirent ou dans la ville où ils veulent pratiquer.

Le mélange, la distribution et le nombre de médecins constituent un élément central dans l’actuel tableau des services de santé au Canada. Une initiative financée par Santé Canada appelée l’Avenir de l’éducation médicale au Canada présentait, comme première recommandation dans le mandat du rapport sur le volet de l’éducation médicale postdoctorale 2012, la nécessité d’« assurer un mélange judicieux, une répartition appropriée et un nombre suffisant de médecins pour répondre aux besoins de la société ». En juin 2012, la Conférence des sousministres de la Santé a demandé au Comité sur les effectifs de la santé (CES) d’examiner, avec l’Association des facultés de médecine du Canada (AFMC), des façons de faire avancer les travaux relatifs à cette recommandation.

On a donc mis sur pied le Groupe de travail sur la planification des effectifs médicaux, qui est coprésidé par l’Ontario et l’AFMC et formé de représentants des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, d’intervenants nationaux, d’enseignants en médecine et d’organisations d’apprenants. Comme le décrit son mandat, ses membres ont convenu de s’intéresser à trois grandes activités :

  • élaborer une procédure pour corriger les déséquilibres dans les effectifs médicaux entre les spécialités déterminées;

  • créer un outil de planification pancanadien pour mieux comprendre les aspects complexes de l’effectif médical;

  • fournir une information précise pour soutenir la prise de décisions par ceux qui envisagent et poursuivent une formation médicale au Canada et à l’étranger.


C’est la réalisation de ce dernier objectif qui a conduit à la création de Médecins canadiens de demain, un ensemble de données d’orientation professionnelle pouvant être utilisé tant par les apprenants actuels et éventuels en médecine que par les personnes qui leur donnent des conseils et qui les orientent dans leur choix de carrière.

Qu’est-ce que Médecins canadiens de demain?

Médecins canadiens de demain est un outil en ligne d’aide à la planification de carrière conçu en collaboration par des partenaires de l’enseignement de la médecine du Canada. Il contient des données à jour, justes et descriptives concernant de nombreux aspects de l’éducation, de la formation et de l’exercice de la profession des médecins et répond notamment aux questions souvent posées par les gens qui envisagent une carrière en médecine au Canada. L’exactitude des renseignements de Médecins canadiens de demain est assurée par une révision effectuée par des étudiants en médecine, des résidents et des médecins actifs.

Un dernier mot

Votre intérêt et votre engagement envers la pratique de la médecine au Canada devraient être fondés sur un sentiment personnel de responsabilité envers la société et la collectivité que vous désirez aider. Que vous désiriez faire carrière en médecine familiale ou dans une autre spécialité, être conscient des besoins des Canadiens et réfléchir au rôle que vous jouerez en répondant à ces besoins constitue une excellente façon d’envisager votre carrière.